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La Bienvenue à l'Année 2009

 

31.12.2008, Minuit "Cathédrale de Lausanne"


Posté le 02/01/2009 | 14 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

Point de vue


Posté le 04/10/2008 | 69 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

Antonio Canova

 

Antonio Canova "Psyché ranimée par le baiser de l'Amour"


Posté le 15/07/2008 | 111 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Dépoétisation

Lucien Lévi Dhurmer "Fantasmagorie"

 

L'odeur de santal évanescent sous un silence pierre se meurt

Poésie abusée

Regards fuyants

Putréfaction des mots usés

Qui sur la corde insensible se balancent

Au verbe glacial s'adjoint le froid bleu des yeux

 

Dans son ultime soupir brûlant

La licorne sacrifiée se saigne au vent

 

A la moelle la vie me tient

Et l'amour ne rime avec rien.

 

 


Posté le 30/06/2008 | 187 consultations | 17 commentaires | Voir et commenter l'article

Tristesse d'été

Le soleil, sur la table ô lutteuse endormie,

En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux

Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,

Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

 

De ce blanc Flamboiement l'immuable accalmie

T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,

« Nous ne serons jamais une seule momie

Sous l'antique désert et les palmiers heureux ! »

 

Mais ta chevelure est une rivière tiède,

Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède

Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

 

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,

Pour voir s'il sait donner au cœur que tu frappas

L'insensibilité de l'azur et des pierres.

 

S. Mallarmé

 


Posté le 22/06/2008 | 117 consultations | 6 commentaires | Voir et commenter l'article

Chut

 


Posté le 22/06/2008 | 92 consultations | 4 commentaires | Voir et commenter l'article

Portbou

 

 

 

Il faisait chaud, bouillant, humide et je savais que ça allait être une journée très longue. Pourtant, assise dans ce compartiment, j'avais froid. Nous étions six à être serrés comme des sardines dans ce train qui allait nous amener à Portbou. L'arrivée était prévue pour 5 heures du matin. J'avais froid, très froid en regardant le couple assis en face. Le froid émanait d'eux.

 

Je m'enfonçais plus profondément dans mon siège et imaginais le début de leur histoire. Ce début de relation dans sa chaleur torride, avec des mots apprêtés des plus belles couleurs, des mots d'amour, des mots doux. Des gestes tendres et une compréhension l'un de l'autre qui semblait venir d'outre tombe tellement elle était extraordinaire, irréelle. J'imaginais leurs projets d'avenir. Leurs yeux plein de confiance en la vie, en leur amour. L'Amour. Je parie qu'ils se sont jurés l'amour éternel, high fidelity et toutes ces choses que nous promettons stupidement, uniquement parce que notre sang est en ébullition et excitation passagères. Cette fiction me donne encore plus froid au dos. La vie de couple ? C'est la mise à mort annoncée de l'Amour. C'est d'être enchaîné à l'Autre. Ne plus jamais pouvoir goûter à un autre corps, l'explorer, sans passer du mauvais côté de l'enceinte. Passer du côté des traîtres.

 

La haine est aussi froide que la mort. Regardez-les aujourd'hui ! Combien de temps après ? 1 année, 10 ans… ? Pas plus ! Ils sont encore assez jeunes. Dans leur regard où l'autre a perdu sa place pour toujours, s'étalent tous les regrets de ce monde. Ils ne s'adressent plus la parole. Lorsque leurs regards se croisent par inadvertance, c'est l'affrontement muet. Glaciale l'ambiance.

Il faisait chaud, bouillant, humide et je savais que cette journée sera éternelle.

 

Et puis lui ! Lui là, juste à côté. Son souffle chaud se répand sur moi malgré l'épaule froide que je lui présente. Je me tortille sur mon siège afin d'échapper à ses bouffées concupiscentes. Son regard lubrique qui court sur mes jambes, remonte jusqu'à l'entrejambe, plus haut encore s'accroche longuement à l'échancrure de mon T-shirt. Son regard moite et abruti brûle comme glace sur peau nue. Calcinant. J'aurais dû mettre un pantalon, un col roulé. Il faut le faire quand même ! Qu'est-ce que je peux être conne parfois ! Ses efforts stupides de rapprochement qu'il croit imperceptibles. J'essaie de rester impassible, m'assieds sur ma main afin qu'elle ne parte pas toute seule dans sa figure. Il n'est pas laid ! Non, juste imbu de lui. C'est moi qui choisis aujourd'hui et lui, il ne m'intéresse pas.

 

J'ai froid dans ce cercueil roulant. Portbou semble de l'autre côté du monde. Mais je savais ce qui m'attendait, ce qui allait arriver d'ici quelques heures. Je savais qu'à 5 heures du matin, ce train s'arrêtera en gare. Que tout le monde en sortirait. Et puis enfin mon regard pourra se lever sur les montagnes roses pour voir le soleil surgir du néant. Il n'y aura rien d'autre à faire que d'attendre l'ouverture des portes de la buvette. J'irai boire un café gris noir bien chaud, servi dans une tasse blanche très épaisse. J'aime l'arrivée à Portbou. Mon Far West à moi. Je prendrai le prochain train pour repartir et je choisirai un compartiment où les passagers seront serrés comme des sardines. Il fera chaud, bouillant, humide et je sais que ce sera une journée très longue. Et je sais aussi que moi j'aurai froid.

 

 

 

 

 


Posté le 11/05/2008 | 176 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Pensée du matin

Jenni Tapanile, photographer

 

"Il y a dans les passages quelque chose de tragiquement définitif."

 

 

 

 


Posté le 12/04/2008 | 179 consultations | 5 commentaires | Voir et commenter l'article

Mimodrame

Lucien Lévi Dhurmer "Marsh Birds in a Landscape"

 

Je cache mon désir dans les plis de ma jupe aux pensées volantes. Je ne vous offre que ma nudité. Sans consistance. Je file entre vos doigts comme le silence transparent des nuits sans rêve. L'ombre noire de moi-même danse devant moi. Je mime la vie à l'imperfection. Je me nourris à vos seins. Me délecte des millions de vies que vous m'offrez. Je prends. Et ne vous rends que mon vide parfait. J'oublie mon cœur dans le parfum de vos peaux. Amnistie. Vous ne savez pas où je vais. Je ne vais pas. Je suis un mime aux lèvres fardées. Je n'avance pas. J'explore le moment. Aucun mouvement, ni spatial ni temporel. Je vous regarde courir. Où courez vous ? J'attends encore. Qui, quoi, quand ? Je n'aime pas les questions. J'adore les pensées. L'acrobatie des électrons libres. Le nuage qui accroche les atomes.  Je me réveille. Me balance la tête renversée, mes rêves sont à l'envers. Des ailes dorées s'envolent de mes yeux.

 

 

 

Posté le 09/04/2008 | 125 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

L'Eveil des sens

Cela fait exactement 11 ans et quelques mois que je me suis passée d'eux. Qu'il m'était même impossible d'en voir un s'approcher de moi. Pourtant je n'étais pas en manque pour autant ! Je suis assez difficile je crois. Je n'aime pas ceux qui sont trop  "voyants ", "criards" ni ceux qui vous "étouffent". Je les aime discrets, subtils mais profonds.  Et puis, le miracle est arrivé. Je l'ai vu et je l'ai aimé à la première respiration, dès la première seconde. Tout cela m'est arrivé ce samedi. Oh, comme c est étrange ! Je ne me doutais de rien ce jour en me levant. Tardivement, je l'avoue. Mais pas honteusement. J'apprécie tellement cette liberté conditionnelle et ponctuelle. Ce jour a débuté par la visite d'une amie qui est passée prendre le petit déjeuner avec moi. Joyeusement nous avons décidé de monter en ville pour faire quelques courses. Et puis, nous sommes entrées dans un magasin, tenu par un homme sympathique, connaissant bien son métier. Nous avons discuté de plein de choses. Finalement, nous en sommes arrivés à parler d'Eux. Je lui ai décrit celui que j'aime inviter parfois, la nuit, dans mon lit. Il le connaissait. Il m'a regardé souriant. Attendez, je vais, non dois, vous en présenter un. Je suis sûr qu'il vous plaira. Si vous aimez réellement celui dont vous me parlez, vous allez adorer celui que je vais vous présenter. Il est allé le chercher. Et il a fait les présentations.

 

 Je l'ai vu et tout de suite j'adorais son physique, son aspect extérieur, son "emballage". Il était extraordinaire. Habillé sobrement, avec élégance. Tout ce que j'aimais. Et puis, je l'ai senti, là, quand il était tout proche de moi. C'était comme un feu d'artifice.  Son odeur a provoqué une explosion de joie immense. Je parlerai presque d'une euphorie. J'avais tout mon corps qui se mettait en ébullition. C'était une réaction immédiate. Epidermique. Le coup de foudre ! J'ai eu enfin le coup de foudre ! Après toutes ces années. L'abstinence prenait fin. Enfin ! 

 

D'un coup, j'étais prise de panique. Et si moi, je ne lui plaisais pas. S'il ne pouvait supporter l'odeur de ma peau. Et si nous étions incompatibles ! Ce dernier et ultime test était à venir. C'était vraiment l'angoisse. Et de mon côté,  quand il sera encore plus proche, quand pour la première fois il touchera  réellement ma peau ? Qu'arrivera-t-il lorsque nos deux odeurs se mêleront l'une à l'autre ? Est-ce que nous irons bien ensemble ? Est-ce que notre contact intime tiendra la promesse que je souhaitais tant ? J'étais angoissée. 

 

Voilà c'est arrivé et si j'en parle ce soir, c'est que je suis toujours sous son charme. Amoureuse !  Tout c'est bien passé. Je n'ai jamais eu cette réaction avec un autre. C'est un miracle. Peut-être est-ce un renouveau. Je ne sais pas. L'avenir me le dira.  En tout cas, ce samedi, je n'ai pas hésité à l'inviter chez moi. Je le garde, le temps qu'il restera. Oh c'est certain, je n'en abuserai pas.

 

Merci « Perles » de Lalique. Tu es celui que je cherchais sans savoir que tu existais. Tu es un parfum sublime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 30/03/2008 | 127 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Chienne de vie

Erte "Dream Voyage"

 

 

Tu écorches, entailles, épuises et me jettes sur le sol. Ton pied lourd posé sur ma poitrine coupe le souffle de l'en vie. Tu me souris. Me regardes moqueuse reprendre des forces pour me renverser encore. Tu gardes tes secrets jalousement. Tu m'éblouies par tes lumières foudroyantes. Tu m'accordes des moments de paix. Je te fais face, au mieux que je peux, avec ce que j'ai compris et ce qui reste incompris. Rester souple. A l'écoute. Rester là, à chercher au plus profond de moi. Rester là, sans savoir, si la paix reviendra. Aucun jour ne se ressemble. Toute la vie est à l'intérieur.  Je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément. Je ne te déteste pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 18/03/2008 | 135 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

La lune

 

J’ai demandé à la lune
Et le soleil ne le sait pas
Je lui ai montré mes brûlures
Et la lune s’est moquée de moi
Et comme le ciel n’avait pas fière allure
Et que je ne guérissais pas
Je me suis dit quelle infortune
Et la lune s’est moquée de moi

J’ai demandé à la lune
Si tu voulais encore de moi
Elle m’a dit "j’ai pas l’habitude
De m’occuper des cas comme ça"
Et toi et moi
On était tellement sûr
Et on se disait quelques fois
Que c’était juste une aventure
Et que ça ne durerait pas

Je n’ai pas grand chose à te dire
Et pas grand chose pour te faire rire
Car j’imagine toujours le pire
Et le meilleur me fait souffrir

J’ai demandé à la lune
Si tu voulais encore de moi
Elle m’a dit "j’ai pas l’habitude
De m’occuper des cas comme ça"
Et toi et moi
On était tellement sûr
Et on se disait quelques fois
Que c’était juste une aventure
Et que ça ne durerait pas

 

Indochine "J'ai demandé à la lune"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 06/03/2008 | 139 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Observations

Voir la voiture derrière elle, après l'absence, est un bonheur qui lui fait monter les larmes aux yeux. Le cœur se met à chanter tout haut quels que soient les chagrins qui l'habitaient quelques minutes auparavant. Le ciel radieux guide l'esprit vers une félicité tant attendue et dont on sait qu'elle aura lieu. On le sait sans y penser ! Cette confiance, cette certitude là nous n'en devenons conscients qu'après. C'est maintenant en écrivant ces mots qu'elle s'en rend compte.

 

Un petit chemin mène vers une cabane. Petit chemin boueux. Elle l'entend dire : je m'en fiche de mes chaussures. Petite remarque qui pour une autre personne n'aurait pas beaucoup d'importance.  Elle regarde ses propres bottes. Cela n'a presque jamais eu d'intérêt pour elle.  Que lui aujourd'hui s'en fiche malgré tout ce qu'elle sait de lui, est preuve que cette promenade n'est pas comme les autres !

 

Ce 20 février 2007 règne une atmosphère de printemps.

 

Arrivés à la petite cabane, ils s'installent sur un tronc d'arbre transformé en banc. Immédiatement elle est plongée dans un bien-être indescriptible. Etre proche de lui, rien d'autre n'existe. Il n'y a plus de questions à poser ni de réponses à chercher.

 

Elle ne sait pas vraiment ce que lui ressent. Il lui semble sentir un clivage entre ses propres sentiments et pensées et les siens. Elle le sent plus troublé, agité qu'elle-même. Non, elle ne désire pas gâcher ce moment précieux par des pensées sombres. Pas envie de s'abandonner à la tristesse de ce qui va être dit, sera décidé d'ici quelques instants. Pas la tête à ruminer ! Juste être là, profiter des rayons de soleil et imaginer que cette cabane insolite est la leur.

 

Rester dans ses bras, embrasser les yeux clos, entièrement à l'affût des sensations crées par la rencontre de leurs bouches. Rien d'autre ne compte.

 

Il se met à lui parler. Il semble toujours si sûr, si certain. L'est t'il vraiment plus qu'elle ?  Elle l'écoute et sait que ses mots sont sensés. Mais peut-on être raisonnable en amour ?

 

Il faut partir, retourner au travail. Chaque mètre franchi mène à la séparation. Une séparation indéfinie, confuse. Pas une séparation pour toujours se disent-ils. Mais une séparation dont on ne sait combien de temps elle durera. Par conséquent, toute l'ampleur de la souffrance à venir reste cachée et imprévisible. On l'imagine peut-être mais on ne sait pas !

 

Pour le retour, il propose de prendre un autre chemin un peu plus long. Cela la rend heureuse. Quelques minutes de plus, quelques occasions de plus de s'embrasser, de se toucher, de se parler, de se regarder. Quelques minutes de plus pour rester hors quotidien, rester dans cette bulle, rester en apesanteur complète.

 

Arrivés à la voiture, une dernière phrase : « Alors nous sommes bien d'accord ? Pas de mail, pas de sms : comment vas-tu ? Rien. Un seul sms : Celui qui annoncera le retour du printemps. »

 

 

Gniark, je haïs cette sorte de romantisme mielleux et pourtant..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 22/02/2008 | 167 consultations | 5 commentaires | Voir et commenter l'article

Herz aus Schnee...............

Edward Robert Hughes "Heart of Snow"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 17/02/2008 | 137 consultations | 3 commentaires | Voir et commenter l'article

Banalités

 

 

Une semaine très active se termine. C'est « mon week-end ». Après une soirée de vendredi détonante, étonnante, belle passée avec mes voisins du dessus, je me suis retrouvée au petit matin dans mon immense lit, en passant en revue le moindre des muscles. Tous sans exception chantent une chanson douloureuse, très vache ! Tous ces jours passés étaient sportifs, minutés, coupés en morceaux comme le serait le saucisson. Par moments, je pensais ne jamais arriver au bout du boulot que je m'étais fixé pour ces vacances. Mais dans le regard de ma puce, je pouvais lire que sa chambre était comme elle l'imaginait et que c'était bel et bien terminé.

 

Se retrouver seule d'un coup, sans bruit, est toujours surprenant. Et les pensées en profitent pour vagabonder sévère. J'apprécie, traîne en faisant des petites choses à droite et à gauche sans y croire. L'inactivité abrupte que je m'impose fait ses effets. C'est une sorte de vide sans ennui. Juste bourré de réflexions sur le à venir. Finalement, je décide de monter en ville. J'y rencontre des amis et nous décidons de passer la soirée ensemble. Tout se fait si naturellement.

 

Je me réjouis de me laisser glisser dans ce film, ces personnages que je vais voir ce soir. « Train de nuit / Ye che. Film de Diao Yinan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 16/02/2008 | 132 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

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